• Athènes dans l'après-guerre. Dans la grisaille, la brume et les fumées de l'usine à gaz, les lumières de la ville apportent l'illusion d'échapper à la misère. Bèba s'occupe d'une verrerie artisanale, affligée d'un mari en dépression et de deux vendeurs inefficaces et improductifs. Bèba, c'est la jeunesse, ses luttes, ses espoirs et ses déceptions, la force et la résistance qu'elle oppose aux contrariétés de la vie, à ses déboires.
    Tendre, lyrique et poétique, d'une rare maîtrise du récit et de la langue, La Verrerie donne à cette histoire d'une femme, qui voit s'éteindre un à un ses rêves les plus chers, une profondeur et une vérité qui font de ce roman, classique de la littérature grecque, un texte fascinant à (re)découvrir.

  • Fin d'hiver dans l'Athènes des années 70. Une femme mariée de quarante ans et un étudiant de vingt ans se retrouvent tous les soirs dans le même métro. Brève rencontre, amour impossible.
    Une histoire toute simple en apparence, racontée par l'un des grands romanciers grecs, Mènis Koumandarèas, qui déploie là ses thèmes de toujours : beauté de la jeunesse, hantise du vieillissement, vies gâchées, mélancolie, amertume.
    Un écrivain au sommet de son art et un portrait de femme inoubliable.

  • Mauvais anges

    Mènis Koumandarèas

    • Quidam
    • 18 Avril 2019

    Nous sommes à Athènes, entre 1945 et 1950. Le narrateur de ce(s) récit(s) a le même âge que l'auteur: entre quinze et vingt ans. L'histoire se déroule sur les lieux où Mènis Koumandarèas a passé toute sa jeunesse, au coeur d'Athènes, entre la place Kyriakou où il habitait (aujourd'hui place Victorìas), le Champ de Mars tout proche (dit aussi le Parc), et la place Omònia, le Pigalle athénien, une station de métro plus loin. Les anges de Koumandarèas se révèlent plutôt ambigus, moins chrétiens que païens, mi-purs mi-pécheurs - et le livre entier est placé sous le signe de l'équivoque, de l'entre-deux.
    Koumandarèas est un orfèvre en la matière. Ce livre publié il y a trente ans, qui décrit des faits survenus trente ans auparavant, nous montre l'art de son auteur dans sa quintessence.

  • Un voyage littéraire qui se mue en autoportrait au coeur des entrailles d'une ville mythique, Athènes, pleine de peurs, désirs et paradoxes, traversée par les tourments de la guerre, la dictature, la beauté des scènes du quotidien dans cette indéfinissable nostalgie qui nous fait toucher du doigt l'« âme grecque ».
    L'auteur nous dévoile dans son intimité le visage de Ménis, enfant, dans la torpeur de cette nuit surréaliste de Noël 44, les fougueuses années 70 contre la dictature, l'introspection et le désir d'un chauffeur de taxi, la fierté de jeunes Albanais ou la dérive d'Àris, son frère, dans la canicule de 87.
    Une écriture lumineuse drapée d'humour qui nous rend acteurs de la complexité de l'Histoire.

  • Pourquoi la hiérarchie militaire refuse-t-elle obstinément son avancement à ce jeune capitaine ? Pourquoi le vieux conseiller d'Etat chargé de défendre sa requête est-il à ce point fasciné par lui? Quel nom donner aux sentiments qui agitent les deux hommes et à la relation qui se noue entre eux peu à peu - mais se nouera-t-elle vraiment? Voilà un roman tout en mystères.
    Il fait revivre avec précision la Grèce des années 60, nous introduit dans les coulisses de l'armée et du Conseil d'Etat, nous fait sentir la montée de l'horreur qui aboutira, en 1967, à la dictature des Colonels, mais par-delà le témoignage historique, il nous offre bien plus: une intrigue envoûtante en forme de lent cauchemar; un héros lumineux, inoubliable; une méditation sur tout ce qu'il y a de trouble et d'obscur en nous; et le plus étrange des romans d'amour.
    Avec Le Beau Capitaine, Mènis Koumandarèas, l'un des grands romanciers grecs d'aujourd'hui, atteint les mêmes sommets qu'avec "La Femme du métro".

  • " Au moins, m'a-t-elle demandé, tu as aimé la musique ? Ah, beaucoup madame, au dernier acte, quand elle est sur son lit à l'agonie et que le jeune homme vient la voir, j'ai fondu en larmes.
    Tu sais pourquoi tu pleurais ? a-t-elle dit les yeux rivés sur moi. Elle avait une façon prodigieusement insistante de vous regarder tout en ayant l'air distrait. " Comment se peut-il qu'un jeune Corfiote de dix-sept ans, serveur à l'hôtel de Grande-Bretagne, ait connu de près Maria Callas et l'ait entendue chanter pour lui seul ? Trente ans après, Alfredo, tel est son nom, parvenu à la cinquantaine et devenu patron de restaurant, livre l'histoire à un journaliste venu l'interroger dans son île natale.

  • Play

    Mènis Koumandarèas

    • Ginkgo
    • 14 Octobre 2016

    Play, de prime abord, c'est une interwiew. Fictive certes, imaginée et écrite par l'interviewé lui-même. Mais sans que cette particularité lui enlève rien, au contraire. Elle lui ajoute du piquant - sans compter qu'elle nous donne la garantie, finalement précieuse, que les propos que l'auteur se prête n'ont pas été dénaturés.
    Et s'il est vrai qu'un lecteur cherche toujours, à travers un texte, à rejoindre une personne, on éprouve ici le plaisir de voir s'incarner une voix, celle qui résonnait enfouie dans le déroulement de romans mémorables.
    Mais il y a autre chose. D'une façon on est ici comme au théâtre, auditeur/lecteur d'un dialogue qui par sa nature même donne sensation d'un arrière-plan inexprimé. Alors à nous seuls de sentir par nous-mêmes, de construire, à partir de ce que disent ces deux hommes, le réseau des tropismes, des motivations, voire de l'inconscient qui sous-tendent le dialogue.
    Du théâtre ? C'est plus complexe. Car une des deux « paroles » est logée à l'intérieur de l'autre.
    Et si une des deux figures est Koumandaréas, l'autre est sa créature, et l'on est en droit, connaissant son oeuvre, de penser que la seconde l'intéresse plus que la première ; que ce face-à-face pourrait même être une façon de sortir enfin de soi-même pour se glisser dans cet autre en vis-à-vis, pour devenir cet autre.
    La littérature permet de ces merveilleuses folies.

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