Elyzad

  • Un jeune Mauritanien a commis un meurtre. Dévoré par la culpabilité, il fuit retrouver son ami Sidi, parti accompagner des touristes dans le Sahara. Parcourant l'immensité brûlante, de Chinguetti à Néma, le narrateur ressasse la pulsion de violence qui s'est emparée de lui. En présence des enfants étrangers, il se fait pourtant conteur, les initiant aux légendes des djinns de son pays. Il retrouve un peu de paix dans la transmission de ces récits ancestraux, mais le souvenir cuisant de son acte le rattrape sans cesse.
    Par le biais de son introspection, s'éclairent peu à peu les raisons qui l'ont poussé au crime. Est-il un meurtrier sordide comme son père, ou un innocent guidé par une main invisible ? Comment distinguer le monstre du jeune homme fragile, et le fou du poète ?

  • Depuis la palestine, où Naïma est née, jusqu'aux alentours de Genève où Lila grandit, quatre générations de femmes, chacune au caractère bien trempé, prennent la parole pour se raconter, entre mariages arrangés et velléité d'émancipation. Pourtant l'Histoire se répète. Confrontées aux guerres et à la violence des hommes, elles trouvent en elles la même vitalité immense qui les aide à passer entre les drames, conservant intacts leur humour obstiné, leur désir de liberté et leur aspiration à la vie.

  • Faysal, Palestinien trentenaire, reçoit un mystérieux faire-part de décès. Mais qui est donc cette tante Rita ? Intrigué, il abandonne son amant et sa vie en Europe pour retourner à Jabalayn, son village natal. Dans le palais déserté de son enfance, il erre. Le passé resurgit, fastueux et lourd de secrets. Alors que plane la menace d'une annexion imminente, qu'une famille et un pays sont au crépuscule, l'esprit de Faysal bascule.
    Karim Kattan nous donne à lire un premier roman troublant, à la fois tendre et violent, qui explore les contradictions de l'engagement politique et de la mémoire. A l'ombre des amandiers en fleurs, se dévoile une Palestine devenue lieu de l'imaginaire, intime et insoumise.

  • Dans l'Irak rural d'aujourd'hui, alors que des combats sévissent, la narratrice a, en cachette, une relation amoureuse avec Mohammed. Celui-ci meurt sous les obus, elle est enceinte. Destin inéluctable : elle sera tuée par Amir, le frère aîné, dépositaire de l'autorité masculine depuis le décès du père. Un crime pour laver l'honneur de la famille, laquelle approuve en pleurs et en silence : la belle-soeur, épouse soumise ; le jeune Hassan qui aimerait fuir le pays ; la mère qui a bâti pour ses filles la même prison que pour elle ; Ali, tolérant mais lâche ; et la petite soeur, Layla, celle pour qui on tue, afin que cela serve d'exemple.
    Résonnent en contrepoint la présence tutélaire de Gilgamesh et la poésie du Tigre, fleuve qui porte en lui la mémoire du pays et la perdition des hommes.

  • Auditionné par la « Haute Instance de réparation des maux du passé », un vieux poète fait revivre les voix de ses sept camarades condamnés à mort il y a quinze ans. Seul survivant, son rôle est de retracer leur utopie commune : la fondation de l'improbable République de la Source-de-l'Aube. Une république heureuse, fondée sur l'estime des siens et la justice sociale, mais qui ne vécut que trois jours, entre la chute de Ben Ali et la reprise en main du pouvoir central.
    Les huit narrateurs hors du commun dessinent le portrait caustique d'une Tunisie multiforme et talentueuse, dont les habitants sont minés par la haine de soi. Au-delà de la rive sud de la Méditerranée, ces destins algériens, français, tunisiens, bretons, libyens, rendent hommage aux peuples qu'on gouverne sans les estimer.

  • Le tambour des larmes

    Beyrouk

    Lorsqu'un chantier gigantesque s'installe avec fracas près du campement de la fière tribu des Oulad Mahmoud, le silence du désert et le fil de la tradition s'en trouvent rompus. La belle Rayhana, la nièce du Chef, attire l'attention d'un ingénieur brillant. Autour du feu, il chante et loue les qualités de la jeune fille avec talent, et finit par venir la retrouver en secret la nuit sous la tente. Prise entre menaces et sentiments, Rayhana cède. Alors qu'elle pense devenir bientôt sa femme, elle découvre un matin avec stupéfaction, comme le reste du campement, que les ouvriers et les monstres d'acier ont abandonné le chantier. Nulle trace de l'ingénieur.
    Rayhana est enceinte. Pour éviter le déshonneur, sa mère l'oblige à abandonner son enfant, puis la marie contre son gré au bon Memed, qui l'aime sincèrement. Mais Rayhana n'a de cesse de retrouver son enfant, et elle s'échappe de sa tribu pour rejoindre la ville d'Atar, puis de Nouakchott où elle découvre un univers urbain qui la bouscule dans ses certitudes.
    Dans sa fuite, pour se venger, elle emporte avec elle le tambour sacré des siens, scellant ainsi son destin à la rage des hommes.

  • Cet amour

    Yasmine Khlat

    Un petit appartement à Paris. Une femme n'en peut plus de ses tocs - ses tics obsessionnels compulsifs. Elle fixe la fenêtre de son salon, attirée vers le vide. Puis elle réagit, va vers son téléphone et compose un numéro : Allô, docteur Rossi ? Une discussion s'engage dans la nuit avec ce psychiatre dont elle a seulement entendu la voix à la radio. Il saisit sa détresse, lui maintient la tête hors de l'eau.
    Mais elle est libanaise, et lui s'avère être israélien. Or son pays interdit tout contact avec un citoyen israélien. Peuvent-ils même se parler ? Les guerres, les murs virtuels et réels peuvent-ils séparer deux êtres qui se rencontrent ? De ce huis-clos impossible surgit une bulle d'humanité et de douceur.

  • À Tripoli, dans les années soixante, on fête la circoncision du narrateur. Pourtant le jeune garçon ne peut se résoudre à quitter le royaume régi par sa mère et ses amies, Fella la « mangeuse d'hommes », Nafissa qui fume et qui boit, Jamila la sensuelle. toutes tripolitaines d'origine arabe, berbère, africaine, italienne, juive. De ses errances d'une femme à l'autre, dans une société où l'on ne mâche pas ses mots et où le regard porté sur les hommes est sans concession, le petit mâle en devenir forge sa sensibilité.
    C'est un monde débridé, puritain, une Libye hors temps qui s'exprime dans cette ronde de portraits de femmes. Au-delà des contraintes de la bienséance comme dans l'intimité d'un gynécée, explosent leurs bravades et leurs malices, leurs vengeances et parfois leurs révoltes.

  • Je suis seul

    Beyrouk

    Je suis seul, dit le narrateur, caché de tous, alors que sa ville située aux portes du désert est tombée aux mains de terroristes. Au fil de son soliloque haletant, se déroule la mécanique inexorable des évènements qui l'ont mené à se retrancher, presque à étouffer, dans cette chambre étroite et sombre. L'histoire de sa vie, de la pauvreté nomade aux succès mondains, porte en son coeur le germe de la perte. Seule Nezha, son ex-bien aimée, qu'il avait abandonnée pour la fille du maire, aurait le pouvoir de le sauver. Mais le veut-elle ?

  • CE ROMAN EST INSPIRÉ D'UN CRIME SAUVAGE commis dans un quartier populaire de Tunis dans les années 70 : un jeune homme d'une vingtaine d'années avait brûlé sa mère veuve sous la pression des habitants du quartier qui l'accusaient de prostitution clandestine... Mais l'auteur a choisi la décennie 2000 comme cadre pour les événements de son roman. En effet, cette décennie était marquée par des crises sociales et politiques qui allaient conduire à la chute du régime de Ben Ali. Le héros du roman est un de ces milliers de jeunes touchés par les crises. Ayant perdu son père alors qu'il était encore adolescent, il quitte l'école pour exercer divers petits métiers. Sa mère, une très belle femme, qui a consommé un mariage sans amour, est constamment persécutée par les habitants du quartier qui se plaisaient, les hommes comme les femmes, à empoisonner sa vie, l'accusant surtout de se prostituer ; cela ne tarde pas à provoquer une violente confrontation entre la mère et le fils qui finit par un crime odieux...

  • LE LIVRE Dans la bonne ville de Santa Clara, celle qui produit le meilleur rhum du pays, personne n'est au courant de la Révolution que le dictateur Alvaro Benitez a menée il y a une vingtaine d'années. Les habitants vivent et cultivent comme autrefois, au gré des sérénades d'Ibrahim Santos, musicien météorologue. Alors forcément, l'intrusion des troupes armées révolutionnaires, et plus encore l'arrivée d'un jeune ingénieur agronome brillantissime, vont bousculer un peu les habitudes... Sur le mode du conte, avec une pincée de réalisme magique latino-américain, un roman drôle et satirique sur nos avancées techniques, et une parodie des dictatures.

  • Ouatann

    Azza Filali

    Tunisie, janvier. 2009. Au nord de Bizerte, un village immobile où des pêcheurs vivent et meurent sur place.
    Dans une maison, au bord de la plage, deux hommes et une femme se trouvent réunis par hasard :
    Rached, jeune fonctionnaire cupide et désinvolte, Naceur, ingénieur dont la vie, un jour, bascula et Michkat, avocate en quête de repères. Trois destinées singulières, soudées par un même désir, celui d'un avenir qui se fait attendre. La vie patine, une brume épaisse dérobe l'horizon, rien n'advient. En arrière-plan, le village, pris en tenaille entre la mer qui se refuse et une montagne nue. Village où, à l'image du pays, rien ne bouge.
    Immobilisme social, culte de l'argent, affairisme vorace : ce roman offre le tableau saisissant d'une Tunisie prérévolutionnaire où le dénuement des uns, le luxe effréné des autres et l'atrophie programmée des valeurs citoyennes, ont privé les êtres d'une dimension essentielle : le bonheur du pays partagé.

  • Mon cher fils

    Leïla Sebbar

    Un vieil homme, ouvrier chez Renault, rentre à Alger après trente ans passés dans l'usineforteresse de Billancourt. Il vit seul, dans une petite maison aux volets verts, face à la mer. Il a eu sept filles et un seul fils dont il est sans nouvelles depuis longtemps, et à qui il n'a jamais réussi à parler.
    Avec la complicité de la jeune Alma, écrivain public à la Grande Poste, il lui écrit, il tente de lui écrire.

  • Salam Gaza

    Tahar Bekri

    Le 27 décembre 2008, l'armée israélienne déclare la guerre à Gaza. La tragédie palestinienne est sans fin, et de guerre en guerre la blessure se fait plus béante. Meurtri, le poète Tahar Bekri note au jour le jour son indignation, échange via Internet avec des intellectuels de toutes origines, dénonce les projets expansionnistes, l'indifférence internationale ou presque. Qu'en est-il de la conscience universelle ? Peu après, au mois de mars, il est invité à Ramallah, Naplouse, Jérusalem-Est et Bir Zeit pour un cycle de lectures.
    Confronté à la réalité de la vie en Palestine occupée, il nous restitue minutieusement son voyage, ses rencontres, ses impressions où affleurent colère et émotion. Ni stratège ni idéologue, Tahar Bekri livre ici un journal personnel, traversé de poésie, dans lequel s'esquisse une interpellation morale de l'Histoire.

  • Comment un père et un fils peuvent-il s'aimer lorsque les sentiments ne s'expriment pas, dans une société écrasée par une lourde chape de silence, où s'entrecroisent Prépondérants et indigènes ?
    Peindre ce monde d'avant l'indépendance pour en extraire l'essence poétique, en exprimer goutte à goutte le suc des sentiments, des sensations et des émotions, mais aussi des couleurs, des sons, des odeurs et des saveurs, à travers des êtres qui en ont composé la mosaïque humaine, colons, locaux, femmes européennes et arabes, artisans de la médina, cochers maltais... : tel est le projet d'Ali Bécheur.

  • Le griot de l'émir

    Beyrouk

    Gardien de traditions éloignées et de rythmes ensoleillés, héritier d'une tribu jadis puissante, le griot des Oulad Mabrouk erre, le luth à la main, entre des campements inconnus, dans un Sahara des temps anciens où les haines tenaces côtoient les violentes passions.
    Témoin de l'affront fait à son amie, la belle Khadija, condamné à mort par l'émir souverain, le dernier grand griot quitte la terre des nomades et s'exile à Tombouctou, cité des savoirs et des marabouts. Il y rencontre la générosité et l'amour. Mais son destin est ailleurs, il est au pays des Maures, afin de porter haut sa voix et de semer les graines de la révolte. Car dans ce monde de sable, c'est la musique des pères qui réveille l'orgueil des hommes et les fureurs du désert.

  • Tunisian yankee

    Cécile Oumhani

    Qui est ce soldat blessé sur une route de l'Oise en 1917, débarqué avec les troupes américaines ? Tunisien, épris de liberté, Daoud a quitté son pays pour échapper au poids de l'autorité, celle du père et celle du protectorat français.
    Et c'est à New York, dans le quartier bouillonnant de Little Syria qu'il pose ses valises, et trouve (enfin) l'amour. Mais la tourmente de l'histoire change le cours de ses rêves.
    Sa vie est un voyage foisonnant dans un siècle en plein essor, entre inventions merveilleuses et changements sociaux et politiques, de l'esclavage à la guerre des tranchées en passant par Ellis Island.

  • Les intranquilles

    Azza Filali

    Mars 2011. Dans les mois qui suivent le départ du dictateur Ben Ali, les Tunisiens entrent dans une période de turbulences. La vie quotidienne reprend ses droits, mais dans la ville, avant les élections d'octobre qui porteront au pouvoir les islamistes, les êtres sont habités par une paix vide. Étrangement, c'est leur peau qui manifeste leur désarroi. Ainsi Jaafar s'inquiète de voir la tache de prière sur son front grandir démesurément ; quant à son épouse, Zeineb, elle ne sent plus les parfums sur son corps. Sonia, leur fille, rêve de se procurer un visa pour quitter le pays, mais voilà qu'elle s'éprend d'un inconnu, dont les doigts marquent sa peau d'une trace indélébile. Hechmi, islamiste militant, qui porte sur lui les stigmates de la torture des sbires de Ben Ali, se met même à douter de sa foi et de « la cause ».
    Quel destin pour ces personnages en attente ?

  • Le regard tendre et sans concession d'un enfant sur l'Algérie du colonialisme finissant. - Un roman d'apprentissage : la prise de conscience politique d'un enfant qui, devenu adolescent, est tiraillé entre la fascination pour la France et la hantise de la trahison des siens. - En creux, le portrait d'un pays, l'Algérie, en proie à l'un des épisodes les plus douloureux de son histoire. - Adolescents, adultes, ceux (Algériens, Français) qui de près ou de loin sont interpellés par ces années 1954-1962. - Un livre qui s'inscrit dans la volonté de revisiter un chapitre dramatique de l'histoire de la France. - Alger capitale arabe culturelle 2007.

    Djilali Bencheikh est né en Algérie dans la vallée du Cheliff à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après des études d'économie à Alger puis à Paris, il se tourne vers la vie associative, le journalisme et enfin la littérature. Ses publications sont : Mon frère ennemi (ed. Séguier, 1999) ; Voyage au bord de l'enfance (ed. Paris-Méditerranée, 2000). Il est actuellement chef d'édition à la section française de Radio Orient où il anime une chronique quotidienne de littérature intitulée "Au fil des pages".

  • La houlette

    Kamil Hatimi

    Dragan Chenah est journaliste star de la rubrique divertissements à la«Houlette casablancaise». Il passe son temps au bar du Bogart. Mais depuis quelques temps, son quotidien est bouleversé : il ne peut plus écrire. Il entame une psychanalyse, qui le plongera dans les trous noirs de son passé.

  • Le carnet de bord d'un humaniste à la croisée des langues et des cultures - Paris, Copenhague, Kairouan, Montréal, Istanbul, Barcelone, Madagascar, Boston, Fort-de-France, Saint Gilles-Croix-de-Vie... A la faveur de son exil, de ses voyages, Tahar Bekri prend des notes. Il parle de mémoire, de la fuite du temps, de la nostalgie du pays natal. Il apporte une réflexion sur la littérature et l'art et réagit aux événements dans le monde (le 11 septembre 2001, le Liban...). - Dans son écriture, où se mêlent émotion et poésie, il célèbre les petits riens, la beauté de la nature, l'Autre. - Tout public.

    L'auteur. Poète né en 1951 en Tunisie. Il a publié une vingtaine d'ouvrages (poésie, essais, livre d'art). Son oeuvre est traduite dans différentes langues. Il vit à Paris et est
    maître de conférence à l'Université de Paris X-Nanterre. Collaborateur dans de nombreuses revues littéraires et poétiques telles Riveneuve, Notre Librairie. Un grand connaisseur de la culture arabe et française. Invité fréquemment dans des rencontres littéraires, il est l'une des rares voix tunisiennes à avoir une audience (un public et une renommée) par-delà les frontières.

  • La Guerre de Trente Ans fait rage en Allemagne quand Henry Strésor arrive dans le Paris des peintres en 1637. Il y côtoie les frères Le Nain dans leur atelier de la rue du Vieux Colombier, puis emménage dans l'atelier-boutique de Louis Buart, maître-peintre généreux et chantre à la musique de la Reine Mère. C'est là qu'il réalise son tableau le plus connu, Le Mangeur d'huîtres. Il y rencontre aussi Catherine, la fille de son hôte. Mais né « dans l'hérésie », c'est à dire protestant, Henry Strésor se voit contraint de renoncer à sa religion pour épouser la jeune femme. Alors que la Fronde continue à Paris, naît leur fille Anne-Renée. Henry lui transmettra sa passion pour la peinture, lui léguera les gestes qui transfigurent le monde, lui ouvrant la voie vers un destin exceptionnel : elle est l'une des premières femmes à être acceptée à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Pourtant, dix ans plus tard, Anne-Renée Strésor renonce à la gloire, à l'amour d'un homme, et rentre dans les ordres.

empty